Le créateur français à New York le 22 mai lors de la cérémonie de remise des diplômes aux étudiants du Fashion Institute of Technology dont il est maintenant l'un des docteurs honoris causa. « N'écoutez pas les idées reçues et n'ayez pas peur de créer un jour des choses désirables » conseille Christian Louboutin qui va bientôt sortir sa ligne de beauté tant attendue. (Image by Jerry Speier / © F.I.T. 2014)
Le créateur français à New York le 22 mai lors de la cérémonie de remise des diplômes aux étudiants du Fashion Institute of Technology dont il est maintenant l'un des docteurs honoris causa. « N'écoutez pas les idées reçues et n'ayez pas peur de créer un jour des choses désirables » conseille Christian Louboutin qui va bientôt sortir sa ligne de beauté tant attendue. (Image by Jerry Speier / © F.I.T. 2014)

Christian Louboutin, le « French Doctor » de la mode et de la beauté

PARIS, 28 MAI 2014, LXRV – Ses souliers reconnaissables à leurs semelles rouges sont à la fois uniques et emblématiques, symboles d’une certaine réussite, autant pour celles et ceux qui les portent que pour celui qui les a créés. Christian Louboutin, génial et éponyme fondateur de la marque de chaussures la plus connue au monde, a été nommé Docteur honoris causa du Fashion Institute of Technology (F.I.T.) lors de la 69e cérémonie de remise des diplômes de cette université d’État de New York qui enseigne les techniques liées à l’industrie de la mode. Le prestigieux établissement souhaitait notamment saluer « cette vision particulièrement créative qui a permis de créer une marque considérée aujourd’hui comme l’un des Saint Graal du secteur du luxe » a expliqué sa présidente, Joyce Brown.

Devant quelque quatre mille étudiants, Christian Louboutin était invité à prononcer un discours « inspirant ». Sur le ton de l’humour, mais surtout de la sincérité, le Français a choisi de partager quelques uns de ses grands principes, en particulier ceux de l’amitié, de la liberté et de l’ouverture d’esprit. « N’écoutez pas les idées reçues. Ne suivez que vos propres règles, faites confiance à votre vision, à votre propre timing, votre horloge interne personnelle » a-t-il ainsi confié à l’assistance, avant d’ajouter : « Tout le monde n’est pas obligé de créer son entreprise pour se sentir libre. Vous pouvez travailler pour d’autres à condition que votre créativité soit respectée. Et n’oubliez jamais que vous êtes à un moment très particulier de votre existence, celui où vous pouvez mener des expériences et tout changer à chaque instant pour accomplir vos rêves. Ne poursuivez pas forcément un but spécifique, une cible précise. Votre parcours sera la somme de ces moments différents guidés par votre vision. N’ayez pas peur de créer un jour des choses désirables, qui montreront votre passion. Au contraire, vivez-la et partagez-la avec le monde entier, au nom du design, de l’amour et de la mode ».

Christian Louboutin – Exhibition Trailer from Design Museum on Vimeo.

Il y a deux ans, le Design Museum de Londres avait choisi de rendre hommage aux vingt ans de carrière de Christian Louboutin en organisant sa première rétrospective. « Dessiner des chaussures est un travail de magiciens, qui doivent les rendre visibles et, parfois, invisibles », avait-il expliqué à cette occasion.

Selon sa légende officielle, le designer né à Paris en 1964 a commencé à imaginer des chaussures dès l’âge de 12 ans. « Une obsession née avec la vision d’un panneau d’avertissement aperçu au musée d’art africain et océanique montrant une chaussure à talon haut barrée d’un trait rouge » rappelait le dossier de presse diffusé par le Design Museum. On apprenait aussi que, adolescent, le jeune Christian Louboutin passait son temps à admirer au cinéma les grandes actrices d’Hollywood et qu’il adorait voyager, en particulier en Inde. Qu’il aimait aussi hanter les nuits parisiennes du Palace, avant de mettre un pied aux Folies Bergères, l’un des temples parisiens du cabaret, des show-girls… De ces oiseaux de paradis ultra sexy, dansantes et haut perchées, il apprend tous les secrets de leurs plate-formes cachées dans leurs escarpins ou bottines à stilettos. Son parcours initiatique le mène très vite à collaborer avec les plus grands, qui ont pour noms Charles Jourdan, Chanel, Yves Saint Laurent, Maud Frizon, Roger Vivier… Après une parenthèse de deux ans passée à dessiner des jardins, à paysager entre l’Europe et New York, il revient finalement à son premier amour et ouvre une boutique à Paris dans la galerie Véro-Dodat. Date officielle de l’inauguration : le 21 novembre 1991. À partir de ce moment, le génie libéré va éblouir de tout son talent.

Christian Louboutin aime le minimalisme, la transparence, qui vont pour lui de pair avec la féminité, voire la nudité quand une chaussure doit plus déshabiller qu’habiller… Une vision du désir dédoublée, cinématographiée, appliquée à son objet fétiche : l’avant est « Marlène », élégant, captivant, l’arrière est « Marilyn », chaloupé, sexualisé… Chaque pas est une note de musique hypnotique, inspirée et sublimée par l’architecture étudiée de souliers plaçant les femmes sur un piédestal, quelles que soient les situations dans lesquelles elles se trouvent, pendant une montée des marches à Cannes, sur la scène du Crazy Horse ou dans la vraie vie de tous les jours.

« Quatre-vingt dix pour cent de mes chaussures démarrent par un dessin. La chose la plus compliquée est de parvenir à une exécution la plus fidèle possible au design original » souligne le créateur qui privilégie et attache une importance capitale à la finition artisanale. Deux collections par an depuis plus de vingt ans… Et, demain, annoncée pour cet été, une ligne de beauté, qui porte évidemment le nom du Docteur en beaux-arts, Christian Louboutin Beauté.

Luxe Revue



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