LXRV MARCHE IMMOBILIER DES ILES A VENDRE CARAIBES YOUNG ISLAND ST VINCENT
Vue sur la petite Young Island à vendre 10 millions de dollars. Située à l'extrême sud de Saint-Vincent et les Grenadines dans les Antilles anglophones, cette île abrite un hôtel de 29 cottages individuels. La durée restante du bail d'exploitation est de 53 ans d'après Vladi Private Islands. (© Collection privée Caraïbes Magazine, tous droits réservés)

Nouvelles tendances du marché immobilier des îles

PARIS, 30 OCTOBRE 2014, LXRV – « Le regard des individus ultra fortunés se porte sur le trophée le plus ultime et inaccessible de la possession : l’île privée » signalent les experts immobiliers de Candy & Candy, Savills et Deutsche Asset & Wealth en introduction d’une étude consacrée à l’investissement en milieu insulaire. Avec l’augmentation généralisée et accélérée des multimillionnaires observée depuis quelques années, le « facteur cocotier » revient donc à la mode, corrélé aux nouvelles dynamiques enregistrées dans le secteur des super-yachts et de l’aviation d’affaires.

Avant la crise financière de 2008, les acheteurs étaient surtout des entrepreneurs atypiques, le plus connu d’entre eux étant Richard Branson, patron du groupe Virgin dont le nom lui a été directement inspiré par sa passion sincère pour les îles vierges, ainsi que des stars de cinéma, imitant le premier insulaire d’entre eux, Marlon Brando, acquéreur en 1965 de l’atoll Tetiaroa dans les eaux de l’archipel de la Société en Polynésie française.

Les propriétaires dont on parle aujourd’hui sont surtout des entrepreneurs célèbres avec, comme nouveaux entrants dans le club, le fondateur du groupe informatique américain Oracle, Lawrence Ellison, qui a racheté Lanai Island en 2012 pour un montant de 500 millions de dollars, le milliardaire russe Dmitry Rybolovlev qui a offert à sa fille Ekaterina en 2013 l’île grecque Skorpios, ancienne propriété de la famille Onassis, et le fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, qui a investi cette année 100 millions de dollars dans 300 hectares sur l’île hawaïenne de Kauai.

Le Candy GPS Report classe la nouvelle génération d’insulaires en deux catégories : les Robinson, qui tiennent à s’isoler du reste du monde grâce à la barrière invisible des frontières ultramarines, et les Crésus, pour qui ce type d’opération représente autant un investissement social que spéculatif ou, à tout le moins, rentable. Le premier se paiera le luxe de ne pas aménager son île sauvage pour qu’elle reste sanctuaire inviolé et la visitera quelquefois à bord d’un yacht respectueux de l’environnement. Les seconds y aménageront, pour une clientèle triée sur le volet, des villas climatisées sophistiquées ou des bungalows dépaysants avec hamacs et paillotes sur le rivage d’un sable fin spécialement importé.

Parfois, certains projets voient très grand : c’est ainsi qu’un groupe chinois, Yida International Investment, a signé au mois de juin avec l’État insulaire d’Antigua et Barbuda, dans les Petites Antilles anglophones, un contrat portant sur l’aménagement d’un complexe hôtelier de 1300 chambres sur Guiana Island pour un montant de 2 milliards de dollars.

À une échelle moins industrielle, le haut de gamme du marché immobilier des îles n’est pas encore sur le radar prioritaire des individus fortunés de Chine, mais l’étude souligne leur intérêt nouveau pour l’acquisition de biens dans des destinations festives : Ibiza et la Sardaigne dans les eaux européennes, Hainan et Jeju à proximité.

La première est chinoise, située au sud du pays continent, tropicale et grande comme trois fois la Jamaïque. Hainan a été sélectionnée en 2010 par le gouvernement pour y développer un tourisme de niveau international avec des centres commerciaux, des complexes résidentiels et hôteliers, sans oublier les casinos. Les marinas aussi : la Française Delphine Lignières y organise depuis cinq ans un événement intitulé China Rendez-Vous où, sous les tropiques de cette Chine, l’industrie du luxe côtoie celle des super-yachts et des business-jets.

La deuxième est sud-coréenne, également située au large des côtes sud de son pays. Jeju a accueilli 1,8 million de visiteurs chinois en 2013, attirés par la beauté naturelle de ce bout de terre volcanique qui offre aussi des complexes hôteliers avec casinos. Mais le charme irrésistible de cette perle subtropicale n’est pas que exotique : son administration délivre en effet un passeport à toute personne ayant investi plus de 500.000 dollars sur une durée d’au moins cinq ans.

Aux Caraïbes, ce type de programme offrant une citoyenneté économique attirait surtout des investisseurs souhaitant se faire oublier ou, pis, s’improvisant banquiers offshore. Dans le cas de Jeju, l’idée est plutôt d’attirer des résidents secondaires aisés. Pour un pied-à-terre de vacances, Saint-Barth et Saint-Martin dans les Antilles françaises figurent toujours en bonne place dans le top 20 mondial du marché immobilier des îles.

Le premier agent du secteur pour toute la planète, Farhad Vladi, confirme également l’intérêt d’une clientèle chinoise et plus généralement asiatique pour sa spécialité. Avec toute la discrétion qui le caractérise, il se contente d’évoquer des transactions au Canada et à Fidji sans fournir plus de détail. Il préfère souligner une autre tendance positive : le rachat d’îles privées par des États ou des groupes de pression pour des raisons écologiques. L’écosystème de ces terres romancées, mêmes les plus reculées, finit toujours par refléter les nouvelles tendances des marchés globalisés.

Luxe Revue



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